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Pierr
e Fisher affiche un goût palpable pour une forme de spectaculaire bricolé, tirant des propriétés physiques de ses matériaux ludiques (moelleux
d’un ballon en mousse contre poids et densité d’une boule de pé
tanque, comme dans Hop là – Sport, 2009) un burlesque qui peut le rapprocher de Fischli et Weiss ou de Roman Signer. Ses objets et sculptures mettent en scène des jeux de forces et d’équilibre au moyen de trucages astucieux, où il s’amuse du doute planant sur leur réelle stabilité. Cette volonté est manifeste, sur un mode néanmoins plus modeste, dans le drolatique Superman (2010), cadre contenant un pansement « Superman » tentant de façon surhumaine de raccorder deux morceaux de carton gris ensemble.
Sa proposition pour l’exposition « Relatives », intitulée Tête de loup, participe de ce même mouvement, à la différence près que l’objet n’est pas une création de Pierre Fisher, mais celle d’un employé d’une église où l’objet fut découvert. Il en propose ici une reproduction fidèle. L’objet domestique, impressionnant par sa taille (près de cinq mètres) et étonnant par sa forme singulière (une tête de loup prolongée par un tube de pvc lui-même fixé à une tige de bambou), répond donc à un souci d’efficacité et d’adaptation à des hauteurs ne permettant guère l’usage d’outils traditionnels.
Plus tôt, en 2009, le Verdure Tour (co-réalisé avec Justin Meekel) se présentait comme une recherche et une possible actualisation des contes, légendes et autres énigmes que recensait le Guide de la France mystérieuse écrit par René Alleau en 1966. De cet intérêt croisé pour les méthodes de l’investigation et pour le folklore contemporain sont nés neuf livrets diffusés tout au long de leur parcours, à l’aide d’une voiture, transformée pour l’occasion en imprimerie. Cette expérience, on le voit, n’est pas anecdotique dans sa démarche consistant à reproduire un objet découvert au hasard d’une visite dans une église. Avec Tête de loup, Pierre Fisher poursuit cette recherche sculpturale d’un équilibre des formes et d’une mise en tension des matériaux, recherche qu’il double désormais d’une investigation sur les productions d’objets à la fonctionnalité, certes réduite, mais toujours empreints d’une certaine poésie. Dans une forme et une intention étrangement connexes à ses sculptures, l’objet trouve, dans la villa, une autre raison d’exister hors de sa sphère d’apparition. À la différence des New Hoovers de Jeff Koons (1981-1987), prisonniers de leurs caissons en plexiglas, la présentation de la Tête de loup suggère, sans doute, et avec humour, une utilisation immédiate, le faste ayant peut-être déserté la demeure depuis quelques temps déjà.
Matthieu Loctin
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Freeway,
Agglo hydrofuge, OSB, ccp, vis, fanta, 135 x 85
cm
(x2) ,
201
1
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